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Une filière qui se construit… et des règles qui doivent être annoncées dès le départ
Depuis 2024, les agents engagés dans la filière CAMARI se forment, se spécialisent et assurent la montée en puissance des moyens de contrôle non intrusifs. Ils ont répondu présents, souvent sans compter, pour accompagner l’arrivée des SMBI, des scanners fixes et des SMS. Pourtant, l’administration a récemment envisagé de modifier les règles du jeu après coup, sans préavis, et sans concertation suffisante.
Face à cette situation, l’UNSA Douanes a immédiatement réagi et saisi le Directeur général. Nous avons rappelé une évidence : les agents ont le droit de connaître les règles avant de s’engager.

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Ce que l’administration voulait imposer : une spécialité qui ne dit pas son nom
Dans notre tract initial, nous alertions sur un glissement préoccupant : ce qui était présenté comme une qualification ouverte, accessible et reconnue, devenait soudain une spécialité contraignante, assortie de règles lourdes :
- obligation de 5 ans sur la qualification ;
- postes CAMARI dédiés, fermés aux autres ;
- mobilité limitée aux seuls postes CAMARI ;
- impossibilité de revenir vers des fonctions non CAMARI avant 5 ans.
Nous posions une question simple : auriez-vous accepté la formation si ces règles avaient été annoncées dès le départ ?
La réponse du Directeur général : des clarifications importantes
Dans sa réponse du 21 juillet 2026, le Directeur général apporte plusieurs précisions majeures :
1. Pas de rétroactivité
La durée minimale d’exercice de 5 ans ne s’appliquera pas :
- aux agents déjà détenteurs du CAMARI,
- ni à ceux actuellement en formation.
Elle ne concernera que les agents entrant en formation après la modification de l’arrêté ministériel.
2. Une durée minimale dans la qualification, pas sur un poste
Le DG confirme qu’il ne s’agit pas d’une durée minimale d’affectation, mais d’une durée minimale dans la qualification, comme pour les ODJ, motocyclistes ou maîtres de chien.
3. Mobilité géographique possible avant les 5 ans
Les agents CAMARI pourront demander une mobilité géographique vers un autre poste CAMARI sans attendre les 5 ans, dans le respect des LDG Mobilité.
4. Affectations des nouveaux qualifiés : procédure transparente
Les affectations se feront via :
- une note nationale annuelle,
- une liste de postes proposés,
- des candidatures avec hiérarchisation des vœux.
Un dispositif similaire à celui des motocyclistes.
5. Dialogue social ouvert
Le DG indique que les modalités d’application auront bien vocation à être discutées avec les représentants du personnel.
Une clarification obtenue grâce à la mobilisation syndicale
La réponse du Directeur général apporte des garanties essentielles et confirme que l’administration ne peut pas modifier les règles en cours de route, sans cadre réglementaire ni concertation. Elle montre que la mobilisation syndicale a été utile et entendue. Mais la construction de la filière CAMARI ne fait que commencer. L’UNSA Douanes sera présente à chaque étape pour défendre la transparence, la cohérence et le respect des engagements pris. Et surtout, veiller à l'accompagnement des agents volontaires,
Pour autant, l’UNSA Douanes reste vigilante :
- la filière CAMARI doit être assumée,
- les règles doivent être annoncées clairement,
- les agents doivent être respectés,
- les décisions doivent être concertées.
Ce que l’UNSA Douanes continue d’exiger
- Une filière CAMARI construite avec les agents, pas contre eux.
- Des règles stables, claires et annoncées avant l’engagement.
- Une transparence totale sur les contraintes et les perspectives.
- Une concertation réelle avec les organisations syndicales.
- Une mise en œuvre progressive, cohérente et respectueuse des personnels.
Si la DG considère la compétence CAMARI comme stratégique, des contreparties réelles doivent accompagner la réforme : attractivité indemnitaire, valorisation des parcours, perspectives de carrière, formation continue et amélioration des conditions d’exercice, notamment en matière de prévention des risques liés aux rayonnements.
Les modalités d’application doivent être discutées avec les représentants du personnel, et une vision globale des effectifs CAMARI est indispensable pour déterminer si la difficulté relève d’un problème de mobilité ou d’un déficit d’attractivité.
La sécurisation des compétences CAMARI semble nécessaire, mais la fidélisation repose avant tout sur une politique RH structurée, fondée sur l’anticipation, le recrutement, la formation et la reconnaissance. La GPEC (Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences) doit être le cadre de référence : la limitation de mobilité ne peut être qu’un outil parmi d’autres, et certainement pas la seule réponse à un enjeu qui relève d’abord de l’attractivité et de l’anticipation.