Monsieur le directeur,

Nous voici convoqués dans l’urgence pour traiter du transfert des missions DGCCRF à l’importation vers les services douaniers de Calais et Dunkerque. L’administration nous vend cette manoeuvre comme « visant à rationaliser l’intervention de l’administration sur la frontière » A quelques jours de la date officielle du Brexit, nos dirigeants ne reculent devant rien pour sauver les apparences, car la vérité, nous douaniers, nous la connaissons tous : nos camarades de la DGCCRF n’ont pas les effectifs nécessaires pour absorber la nouvelle charge de travail.
Cela fait des années qu’ils sont passés au tamis de l’emploi pour ne plus être que quelques dizaines par département.
Quant au besoin soudain de rationaliser l’intervention de l’administration sur la frontière, nous parlons ici de marchandises qui font l’objet de contrôles et d’analyses afin d’autoriser leur entrée sur le territoire. Certaines peuvent donc rester bloquées pendant la durée des analyses.
D’autres grands points d’entrées désignés (PED) du territoire sont-ils saturés par ce genre de marchandises ? Nous en doutons...
Nous aurions certainement pu préparer ce transfert de missions dans des conditions bien plus sereines. L’UNSA Douanes et l’UNSA DGCCRF sont d’ailleurs favorables à un rapprochement de leurs missions de contrôle.
Au contraire, nous déplorons l’absence d’anticipation du gouvernement qui met les personnels douaniers devant le fait accompli puisqu’ils doivent se former en quinze jours.
Quel manque de reconnaissance !
Il faut dire qu’à Bercy, nos dirigeants n’ont que le mot « Gardette » à la bouche ces derniers mois. S’il est bien sûr nécessaire d’offrir de nouvelles perspectives aux agents de la DGFiP, il faut rappeler à nos dirigeants qu’il n’y pas que la seule FiP à prendre en considération dans notre ministère.
En outre, nous sommes déjà tous d’accord pour reconnaître que les emplois prévus pour les bureaux de Calais et Dunkerque ne seront pas suffisants. Quels emplois supplémentaires sont prévus pour renforcer ces structures face à ces nouvelles missions ? En termes de responsabilité des contrôles ; nous ne doutons pas du professionnalisme de nos collègues. Toutefois, la méthode de formation qu’il vous ait possible de mettre en oeuvre nous paraît insuffisante pour placer les personnels dans les meilleures dispositions.
Nous n’accepterons pas que des agents soient montrés du doigt si les premiers contrôles ne sont pas mis en oeuvre en stricte corrélation avec la réglementation en vigueur.
Enfin, nous sommes toujours dans l’attente d’un modèle de côte de service pour les futurs services OP/CO.
Nous vous demandons également de nous communiquer les bases légales mises en oeuvre pour établir le régime de travail des agents des opérations commerciales qui seront soumis au travail H24 - 7/7J.
Nous vous rappelons que nous avons voté contre le projet administratif de création de ces services en l’état, notamment à cause du régime de travail prévu.