Monsieur le président, L’UNSA, à l’instar des autres organisations syndicales, proteste contre la suppression des CAP mobilité et des CAP promotion contenue dans la loi de transformation de la fonction publique du 6 août dernier et qui porte atteinte à la démocratie sociale. Si la République est soi-disant en marche, ce qui est sûr c’est que la Démocratie est en recul.

Nous rappelons que les représentants du personnel ont été élus démocratiquement lors des élections professionnelles de fin 2018 pour participer aux instances actuelles afin de défendre les agents et garantir leurs droits. Changer les règles de fonctionnement en cours de route ne s’apparente ni plus, ni moins qu’à un coup de force dont le dessein est bien connu : donner à l’administration les coudées franches dans la gestion du personnel en vue d’appliquer les prochaines restructurations sans précédent induites par le rapport Gardette.

C’est ce même rapport dont on veut nous faire croire qu’il pourra être discuté, alors que le calendrier du transfert des taxes est déjà fixé. Comme on veut nous faire croire aussi que les mouvements de personnel seront plus transparents en l’absence de leurs représentants. Idem pour les promotions qui seront également prononcées unilatéralement par la Direction Générale. Le règne des grands seigneurs ne fait donc que commencer !

Soulignons d’ailleurs qu’il est prévu la possibilité de recruter nos cadres dans le privé en tant que contractuels. Risque de conflit d’intérêt, atteinte à la discrétion et au secret professionnel, rien ne fait peur à nos dirigeants dans leur délire ultra-libéral. Car il s’agit bien là d’un coin enfoncé dans le statut de la fonction publique, propre à assurer l’indépendance de ses personnels comme à protéger l’administration.

Quant aux garanties pour les agents, outre qu’il n’y a pour l’instant rien de concret, elles s’avèrent très faibles pour ne pas dire quasi inexistantes. — Attribution de points supplémentaires pour les personnels confrontés à une durée minimale et maximale sur certains postes. Mais lesquels et pour combien de points ?
— Augmentation des postes à profil, ce qui signifie que les jeunes agents, qui n’ont pas d’expériences professionnelles, se heurteront à des « portes fermées ».
— Création d’une « super-priorité » pour les agents restructurés. Y-aura-t-il des passerelles avec d’autres administrations pour ceux ou celles qui veulent rester sur leur résidence ? Permettez-nous d’en douter !
— Mise en place d’une procédure de recours en cas d’erreur ou de contestation. Mais devant quelle autorité et avec quelle efficience ?

Aura-t-on des réponses lors du prochain groupe de travail prévu à la direction générale, le 29 octobre ? Rien n’est moins sûr. En tous cas, la machine à broyer qui fonctionne depuis de nombreuses années vient de passer à la vitesse supérieure. Et ce n’est pas seulement les douaniers qui en feront les frais, mais aussi nos concitoyens ! Les représentant UNSA Douanes en CAPL n°2