Tensions sociales, que fait l'administration pour protéger ses agents ?
La Guadeloupe a vu au cours des jours derniers une montée des faits de violences sur le fond d’un climat social en pleine dégradation.
Le week-end dernier, des bandes armées n’ont pas hésité à faire usage de leurs armes contre les agents des FSI qui étaient sur leurs traces.
Au cours de la semaine écoulée, le collectif « Nou Las Palé » mettait à exécution ses menaces de blocages. En effet, le blocage de voies d’accès à la ZI de Jarry ont généré d’énormes difficultés de circulation.
Dans le courant de la nuit du 17 au 18/10/2026, des bandes d’individus ont érigés des barrages sur plusieurs points du département (pas uniquement en région pointoise). La Police a fait l’objet de tir d’arme à feu.
Plusieurs commerces vandalisés dans Pointe-à-Pitre.
En plus, le relais sur les réseaux sociaux de messages appelant au soulèvement et au recours à la violence pose une certaine inquiétude.
Position de l’UNSA
L'UNSA rappelle à l'Administration ses obligations légales de garantir la sécurité des agents et de faire cesser le risque lorsqu'il est connu.
L'UNSA attend donc des mesures à la hauteur d'un contexte social fortement dégradé entraînant des attaques contre les agents des Forces de Sécurité Intérieure.
LA SÉCURITÉ DES AGENTS AVANT TOUT
Face à ces faits et aux relais d’appels à la violence sur les réseaux sociaux, l’UNSA a interpellé la direction par mail du 11/10/2026 sur la sécurité des agents (entre autres) au cours des services de nuit mais également sur les
trajets domicile-travail. L’UNSA demandait alors la suspension temporaire de tout service de nuit.
En réponse à notre demande, le DR nous a signifié que les services de nuit seront maintenus car chers collègues vous êtes formés TIR et TPCI. Chacun jugera de la valeur de la réponse.
Suite à cette réponse, des directives ont été prescrites pour l’exercice des contrôles routiers de nuit (en l’absence de déploiement du HK) :
-
effectif minimum de 6 agents
-
pas de poursuite à vue (ça on était déjà tous au courant)
Et là en ce dimanche 18/10, un message de prudence sur le trajet domicile travail du DR est relayé par le Secrétariat général. Ce message prévoit de privilégier le recours au télétravail lorsque cela est possible. Mais ce message ne répond pas à la problématique sécuritaire pour les agents des unités SU qui sont amenées à faire des contrôles routiers ou à de la surveillance du trait de côtes.
L’UNSA interpelle la Direction, car il y a un sujet qui nécessite une réelle réflexion et non des réactions.
Ce n’est pas le retrait temporaire de toutes les vacations de nuit qui va changer la situation gravissime sur le déversement des armes et le débarquement de stupéfiants sur nos côtes.
Selon l’UNSA, aucune saisie potentielle ne prévaut sur la préservation de l’intégrité physique des agents.
L’UNSA veillera à ce que la sécurité des agents ne soit pas sacrifié sur l’autel pour des postures politiques.
LA NUIT TOUS LES CHATS SONT GRIS
Quand bien même les agressions armées ne se dérouleraient pas exclusivement de nuit, il y a tout de même un élément à prendre en compte. La nuit, il fait sombre et on distingue moins bien ce qui est loin et même au plus près de nous. C’est un paramètre non négligeable à prendre en compte.
Et d’autre part, les tirs avec arme à feu contre les agents des FSI se sont faites de nuit tout récemment.
LES MOYENS DU SERVICE
L’UNSA entend l’argument politique relative à l’image du service vis-à-vis de nos concitoyens en maintenant les missions nocturnes.
Mais alors, on aurait aimé entendre ce même discours quand il s’est agi de réduire encore l’Effectif Physique Cible fixé aujourd’hui à 232 ETP (- 3ETP) pour la DR de Guadeloupe.
Pour rappel en 2025, nous étions passés de 250 à 235 ETP ( -15 ETP). Soit -18 ETP en 2 ans. C’est encore la Guadeloupe qui est sacrifié et qui doit supporter l’effort d’économie exigé !
-
Donc de quoi parle-t-on vraiment ?
-
Quelle sécurité dans les contrôles veut-on nous vendre avec des effectifs en baisse et des services à
l’os ?
LA COMMUNICATION DES INFORMATIONS
L’UNSA continuera de déplorer la fermeture du CLI de Guadeloupe. Aujourd’hui, nous devons nous en remettre au CODMT en Martinique avec les contraintes de l’éloignement.
-
Deux situations graves d’ouverture de feu sur les FSI, pas un message du CODMT !
-
Des barrages routiers du 15/10, pas un message d’alerte du CODMT !
-
Des émeutes de la nuit du 17 au 18/10, avec plusieurs policiers blessés par balle !
Et pourtant, toujours pas un message d’information du CODMT !
Ne serait-ce qu’au travers de l’astreinte ! Non, rien ! Mais tout va bien.
Pour mémoire, c’est bien au cours des derniers troubles sociaux en 2021 que des armes ont été dérobées.
La situation sociale actuelle en Guadeloupe est explosive, et la réponse de notre Administration est « Sortez couverts surtout ».
Mais attendez un peu, comment ça se passe chez nos partenaires ?
Le Centre Opérationnel et de Renseignement de la Gendarmerie et le Centre d’Information et de Commandement de la Police Nationale sont-ils basés en dehors de la Guadeloupe ?
Quand les OS prévenaient des effets délétères sur la circulation de la fermeture du CLI locale des informations d’urgence, l’Administration balayait nos remarques d’un revers de main avec toujours plus de mépris et de condescendance avec des réponses telles que « Mais regardez après le test, cela marche très bien ».
Vouloir tout conformer au modèle hexagonal est une erreur stratégique et un déni inacceptable de nos spécificités locales qui s’avèrent préjudiciables pour la sécurité des collègues sur la ligne.
LA MÉTHODE
L’UNSA regrette de constater qu’une fois de plus l’attente prime sur la prise de mesures drastiques évitant la mise en danger des personnels.
Eu égard au climat insurrectionnel ambiant, l’UNSA tient à rappeler que les douanières et les douaniers ne sont pas formés aux techniques de maintien de l’ordre, ni aux techniques spécifiques de gestion de situation de crise (ex : embuscades ou guérilla urbaine) .
L’UNSA estime les encadrants ne peuvent être laissés seuls face à des décisions stratégiques comme le maintien de vacations de nuit ou d’opérations durant lesquelles des petites unités pourraient se retrouver isolées. En effet, le niveau de crise exige un cadrage clair et un niveau décisionnelle appropriée.
En somme, le poids des responsabilités de niveau stratégiques ne doit pas écraser les encadrants de proximité de la Surveillance.
On sait tous ce qui arrive aux « petits » isolés de la masse du troupeau dans la Nature.
L’UNSA DOUANES GUADELOUPE EXIGE
-
la tenue d’un Observatoire Régional de Sécurité sur le sujet en urgence
-
l’information des représentants du personnel sur les conclusions de cet ORS
-
et réitère sa demande de suspension provisoire et à titre conservatoire de tous les services de nuit.