Monsieur le Directeur Général,

La Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (D.N.R.E.D.) - sous ses différentes appellations - est une bien vieille maison. Elle a un passé, un présent (pour son futur, nous nous réservons le droit de ne pas nous prononcer pour l’instant …).
Mais, hier comme aujourd’hui, elle a toujours fait preuve de son engagement dans les missions qui lui sont confiés.
Son ADN, c’est la lutte contre la fraude sous toutes ses formes. Au coeur du système douanier et au carrefour de nombreuses missions d’État et des services chargés de les assumer, elle fait partie intégrante du dispositif de protection et de régulation.
Tout ce qui affecte la Douane la touche immanquablement.

Pour nous, dans un monde d’échanges, mais aussi de menaces, se passer de la Douane est juste une bêtise sans nom. Et faire de celle-ci un décor en carton-pâte, destiné à colporter le message « dormez, braves gens, l’État veille » est à peine moins détestable …

Cela fait des années qu’entre pertes d’emploi, restructurations et évolutions nous rendant très rarement le quotidien plus facile, les agents des Douanes subissent cette triste trajectoire. Et il semble bien qu’elle soit partie pour s’accélérer dans les mois qui viennent. D’ailleurs, il est même tout à fait envisageable que les agents publics figurent parmi les victimes expiatoires de la crise actuelle.
Face à tout cela, on nous abreuve de discours plus ou moins lénifiants, destinés à nous faire croire que tout va bien, que le cap est clair et l’horizon dégagé (ou presque ...).

Eh bien, ces discours, on ne les entend plus, on ne les écoute plus. Il ne s’agit pas de s’opposer au changement en tant quel. Les agents des Douanes ont d’ailleurs toujours fait preuve de réactivité et de capacité d’adaptation, à tel point que c’en est quasiment une constante pour eux.

Par contre, nous demandons tout simplement qu’on nous respecte. Dans ce « nous », il faut entendre les agents et leurs missions au service du public.
Ceci veut dire sortir de la quadrature du cercle dans lequel on nous enferme aujourd’hui, nous et l’ensemble des agents des Douanes.
Les derniers mois ont largement démontré qu’il y a une colère dans notre pays. Nous la voyons également grandir dans nos rangs. Et le Gouvernement serait avisé de ne pas multiplier les lignes de fracture et de défiance

Nous n’attendons pas vraiment de notre haute hiérarchie qu’elle change tout cela d’un coup de balai salvateur. Elle n’en a pas la capacité et ce n’est pas son rôle. En revanche, nous exigeons qu’elle relaie notre message auprès des autorités politiques, tout simplement car ce dernier mérite d’être entendu.

La réponse pourrait être de venir à une table de négociation et de répondre à des propositions qui n’ont rien d’extravagantes.
A moins que ce Gouvernement soit, en fait, le champion de ce contre quoi il prétend lutter : le dogmatisme.

Ivry-sur-Seine, le 11 avril 2019

Courriers