Déclaration liminaire de l'alliance UNSA/CGC Douanes au Groupe de travail, préparatoire à la Formation Spécialisée du CSAR - séance du 9 octobre 2025 (version tract à lire ici)
Les sujets majeurs de cette réunion :
- Le déploiement des GLATT
- Les applications TRANSACTION et H7
- Réseau Radio du Futur (RRF).
Monsieur la Président,
L’UNSA Douanes souhaite replacer nos échanges d’aujourd’hui dans une perspective globale :
celle d’une administration en pleine mutation, où les agents subissent de plein fouet la rapidité des réformes et la complexité technologique, sans toujours disposer des moyens humains nécessaires , matériels ou organisationnels pour y faire face.
Notre ligne n’a pas changé :
Nous sommes favorables à la modernisation de la Douane, mais nous refusons qu’elle se fasse dans la précipitation, dans la désorganisation ou au détriment de la santé et de la sécurité des agents.
Depuis plusieurs années, nous alertons :
- sur la montée en technicité de nos missions,
- sur la désynchronisation entre ambition et effectifs,
- sur le manque d’anticipation stratégique de la Direction générale,
- et sur la fatigue opérationnelle qui gagne nos services.
Aujourd’hui, plusieurs dossiers emblématiques montrent à quel point l’absence de vision intégrée pèse sur le quotidien des douaniers, le déploiement des Groupes de Lutte Anti-Trafic (GLAT), lancé sans cadre RH solide ni doctrine de sécurité aboutie ; les applications TRANSACTION et VISITE H7, qui modernisent sans toujours alléger la charge de travail, ni garantir l’ergonomie et surtout, la question du Réseau Radio du Futur (RRF).
Il faut le dire clairement : le RRF n’est pas un projet Douane. C’est un projet gouvernemental, interministériel, piloté par l’ACMOSS et le ministère de l’Intérieur. Toutes les forces de sécurité intérieure y seront intégrées, la Douane ne peut pas rester en marge.
Mais ce qui est inacceptable, c’est que la DGDDI savait depuis plus de cinq ans que ce réseau allait se substituer à nos moyens actuels.
Dès 2019, nous avions alerté l’administration : le système AGNet, alors en déploiement, devait être conçu comme une solution transitoire compatible avec le futur RRF. Nous avions demandé que les investissements prévus tiennent compte de cette échéance, pour éviter un double coût et une migration brutale. La réponse de l’époque fut le silence, voir même un peu de condescendance !
Nous ne remettons pas en cause le principe d’Agnet, il était nécessaire et légitime. Cependant, force est de constater que l’anticipation de l’administration n’a pas été le maître mot dans ce projet…Ce n’est pas une posture politique, c’est un constat de gestion. Nous exigeons désormais que la Douane soit pleinement partie prenante de sa gouvernance.
Notre administration doit peser de tout son poids pour garantir que :
- le RRF réponde aux besoins réels du terrain douanier,
- les équipements soient adaptés aux agents (BSI, motards, aéroports, fret),
- la sécurité opérationnelle prime sur les effets d’annonce,
- la migration se fasse sans régression de service.
L’État a décidé de ce réseau ; il appartient à la DGDDI d’en faire un outil utile, sûr et maîtrisé pour la sécurité de ses agents.
Plus largement, L’UNSA Douanes ne se contente pas de critiquer : nous proposons des solutions.
- Face aux dérives opérationnelles du GLAT, nous proposons la création d’une expérimentation d'appui par le GOST, groupe de suivi transversal qui sécurise les interventions et recentre les équipes sur leur cœur de métier.
- Sur les nouveaux outils numériques, nous demandons une évaluation ergonomique systématique et la garantie d’un accompagnement de proximité.
- Sur l’ensemble des réformes, nous exigeons que les conditions de travail et la santé soient des critères de décision, pas des notes de bas de page.
L’UNSA Douanes revendique une administration lucide, capable de concilier efficacité et humanité.
Nous voulons des agents formés, équipés, respectés.
Nous voulons une Douane qui garde la maîtrise de sa transformation et qui met l’humain au centre des projets.
Notre message est simple :
Moderniser, oui. Subir, non.
Innover, oui. Imposer sans écouter, non.
Avancer, oui. Mais pas sans protéger.