Monsieur le Président,

La situation actuelle de tension au sein de la douane a atteint un point de non-retour.

La douane est un service régalien indispensable à la sécurité du territoire. Elle connaît des points de fragilité et d’exaspération légitimes qui ont conduit ses agents à demander pacifiquement à dialoguer avec leur hiérarchie de leurs conditions de travail et de rémunération.

Le choix politique actuel de l’inflexibilité et du refus du dialogue par Bercy est en-soi une méthode critiquable.
Celui de sanctionner des agents qui font leur travail et de leur opposer d’autres services régaliens pour les réprimer marque le franchissement d’un pas d’une gravité sans précédent. Il démontre surtout une bien piètre idée des fonctionnaires d’État chargés de la sécurité et de leur
mission de protection.

Passant de l’injonction paradoxale à l’absurde, les ordres de service validés par la hiérarchie douanière autorisent la fraude et ouvrent sans complexes les frontières au crime organisé.
Aucun douanier ne peut admettre de respecter de tels ordres, à la légalité douteuse.
Comment expliquer aux Français l’acceptation des risques liés au terrorisme, aux trafics divers et de déperdition fiscale? Comment ne pas préférer dialoguer avec des agents d’une administration autofinancée, la seule «police» qui rapporte?
Mais surtout, comment expliquer le ciblage répressif à l’encontre des agents des douanes parce qu’ils exercent leurs missions régaliennes?

Les douaniers étaient déjà lassés de ce monologue social, ils sont aujourd’hui révoltés par la violence et le mépris qui leur sont opposés. Le choix politique de l’escalade contre les douaniers -qui ne sont pas des gilets jaunes- a été fait. Dont acte. Alors nous résisterons par tous les biais dans la proportionnalité stricte des attaques inadmissibles portées à ce service séculaire.

Le syndicat UNSA DOUANES vous alerte donc du caractère quasi irréversible de la situation actuelle en douane et vous appelle à:

-faire cesser sans délai les poursuites et violences exercées de manière institutionnelle par la DGDDI
-enjoindre à la DGDDI de reprendre le dialogue social
-enjoindre à le DGDDI de stopper les procédures disciplinaires engagées.
Bercy ne peut plus décemment s’ériger en pourvoyeur de discorde et facilitateur de fraude.

Monsieur le Président, faites en sorte de ne pas faire de l’État le détenteur du monopole de la violence illégitime.

Dialoguer n’est pas s’abaisser.
S’accorder n’est pas être faible.

Veuillez accepter, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments dévoués.

Vincent THOMAZO
Secrétaire général UNSA DOUANES
 

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